mercredi 24 juin 2026

La traversée


Je n’ai qu’une besace
Remplie de notes bleues
Pour arpenter la terre sèche
Survoler les rivages grisés
Portée par des ondes vives
En ocre, violettes pensées
Langues éphémères de vents

Alors que tout semble se perdre
Que l’amour n’est plus Amour
Quand ne se place que l’Intérêt
Avec déférence, calculs et logiques
Il y a ceux qui s’en vont
Dans un dernier souffle exalté
Qui frémit encore, à peine
Sous les quolibets de convergences
En subtiles lascivetés apprêtées
Frissons et cœurs n’émeuvent plus
Mes larmes assaisonneront le plat
D’autres, froid comme la vengeance

Mais je t’ai vu Espoir sourire
Devant les vers livrés en réclames
La musique, dénudée, exposée
La seule harmonie est celle du glas
Et dans les lumières des diseurs
Se fracassent les mers des solitudes
En vain. L’écume joue, tendre

Marche soyeuse de sentinelles
Etincelles de joies ardentes
Au pas de vos flammes aimantes
Empreinte indélébile transcende
Ailes tendres me portent
Et j’avance
Inaccessible aux sombres rages


Christina Goh

samedi 25 octobre 2025

Quelle course ?

 
C'est une course infinie
De laquelle je me préserve
Pourquoi courrai-je ?
J'ai essayé et je suis tombée
Dans un gouffre impitoyable
Profond, sombre, opaque
J'y ai décodé une lumière
En moi. Chute vertigineuse
Quand le combat est vain
Seuls les éléments sauvent
Connait-on les atmosphères ?
C'est le corps qui alerte
Quand il ressent, frôle, entend
Le néant a une odeur, il vibre
Instable, il te fait trébucher
Contre ou avec qui courrai-je ?
Je marche doucement, me pose
Mes pensées s'envolent, couleurs
Je ne suis qu'atomes qui dansent
Etincelles, autant d'ardeurs et lueur 
Se mêle au scintillement des aubes
Pour atteindre l'insaisissable
Sans piétiner le temps.

Christina Goh

mardi 7 octobre 2025

"A son essence"

 
France, pays de codes, de symboles et d'opiniâtreté farouche. Des champs de paysans, aux mines de charbon ; de la culture raffinée des rois de grandeur au pragmatisme rude des hommes des montagnes ; des êtres engagés aux reniés (...) 

A la France, je dédie cet ouvrage, à son essence qui m'a appris au travers de l'histoire de ces fleuves à ouvrir avec courage mon âme à l'autre jusqu'à me jeter dans ses bras, parfois à mes dépends et sous les coups de ses préjugés. Mais toujours, une option salvatrice : l'amour ne sauve-t-il pas ?

Au fil de l''eau, leurs murmures... Seine, Rhône, Loire... Et beaucoup d'autres. Autant de conteurs où se reflète l'histoire des non-dits troublants de notre humanité. Luttes, déchirures, courage et trahisons, pestes et misères, triomphes et illusions, luttes intestines, fragiles équilibres, angoisses et pressions mais un idéal... Des tréfonds de l'être : la libre pensée.

Français, du latin "Francus" venant du francique ripuaire frank, "libre"!

Christina Goh. "Ancre (Poèmes à étages)". Avant-propos. 2020

samedi 20 septembre 2025

Météorologie intérieure


Le corps, terre rouge trempée
Le sang, puissante vaste mer
Montagnes, forêts d’os comptés
Mes organes, filtre des airs
Et ma peau, complexe atmosphère
Cycles, cellules au travail
Minéraux, vitamines, fer
Quel temps fait-il vaille que vaille ?

Du réveil au coucher, caché
Le miracle du cœur enserre
L’âme, puis la projette au gré
Du souffle, voix en émissaire
Quand les rythmes s’accélèrent
Globule en ordre de bataille
Immunité sans le calvaire
Quel temps fait-il vaille que vaille ?

Chaleurs, centre de gravité
Déplacé, ô tiédeur repère
Donne nous de te respecter
Le froid, alerte mortifère
Qui donc voudrait de cette guerre ?
Alors l’esprit veille sans faille
Ambition vaine ou fructifère
Quel temps fait-il vaille que vaille ?

Je sais d’où je viens, de l’ovaire
Et ma chair n’est pas valetaille
Mon corps est mon monde, ma terre
Quel temps fait-il vaille que vaille ?

Christina Goh

Extrait de l'ouvrage TEMPS (Récit de vies, poèmes à forme fixe et chansons).
Ce poème est une ballade (petite) : poème ancien formé de strophes égales terminées par un refrain et d'un couplet final plus court appelé envoi.

vendredi 4 avril 2025

Hommage à Martine Strohl


J’ai rencontré Martine Strohl en Normandie. Le respect fut spontané et réciproque.
Nous avions en commun l’amour pour la musique (car elle fut aussi chanteuse de blues), et pour la Touraine.
Martine Strohl, ce fut une vie dédiée à l’autre, à la transmission, comme on en voit peu.
Elle confia, y compris en interview, combien la voix de Mahalia Jackson l’avait profondément marquée, à lui ouvrir aussi le chemin de l’engagement. 




Elle fut présidente de la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) - Section Touraine, pendant de nombreuses années. Elle est également à l’initiative de l’inauguration du kiosque Joseph Epstein, héros de La Résistance (2ème guerre mondiale) à l'historique Jardin des Prébendes à Tours, ainsi que de la plaque qui fut dédiée à la mémoire des indigènes des colonies :
"Toi qui passes, n’oublie pas que des hommes des cinq continents se sont battus pour ta liberté. A la mémoire des indigènes des colonies françaises, 1914-1918 - 1939-1945."

Martine Strohl marqua ma vie par sa gentillesse, son humour et sa sagesse.

A l'annonce de son décès, mes condoléances à sa famille et à ses proches.


Martine Strohl (1950-2025)














FERVENTE
(Hommage à Martine Strohl)



Peut-on attraper la flamme ?
Flamme vive, en couleurs ingénieuses
Défi de l’intelligence, âme de feu
Peut-on discerner toutes ses nuances
Comprendre la subtilité de ce qui l’anime ?

Flamme libre, intuitive, en mouvements
Risque imprévisible pour l’indécent
Source de vies pour le salut et le bâti
Genèse du feu brûlant du désir
D’un foyer-monde qui transcende

Pour faire vivre l’éclat et la lumière
Pour la chaleur bonifiante qui embrase
Pour réchauffer les cœurs froids
Aimer. Comme toi, la fervente
Martine Strohl !

Ainsi tu fus
Et ton étoile,
Elle brille encore !


Christina Goh


Photo Nouvelle République

mardi 25 février 2025

Oasis (poème à étages)

 

Les mondes se dessinent, s'étirent, fusionnent, Mouvement
Ballet de couleurs invisibles, traces d'air, sonores, inaudibles
A cheval sur les nuées étendues, imprévisibles, des âges
La pensée est rayon de soleils qui s'ignorent

Temps libres des vies tonitruantes, dissonantes, caressantes
Bleu des âmes, vagues des émois et milliards d'espèces 
Cages inutiles quand les ondes modèlent  nos corps
Sorts illusoires de ceux qui se croient maîtres d'un jeu

Lente progression d'un voyage, secrètes naissances
Messe de l'Inconnu, Avenir dévisage, intense, encore
Mort de mes certitudes le jour où je t'ai rencontrée
Je t'ai reconnue

Sens de l'ombre, de Miracle et ses silences révélés
Lors de mon périple, je t'ai trouvée sans savoir
Méfaits, troubles déroutes, qu'était-ce déjà ?
Mue efflorescente, sève indicible, équanimité

Equanimité, oasis ressource !


Christina Goh


Equanimité : égalité d'âme, d'humeur, tranquillité.
Ce poème est un poème à étages. Deux types de lectures sont donc possibles : deux poèmes en un.

mercredi 15 janvier 2025

Quand tout, tout l'amour se donne

 
Quand tout, tout l'amour se donne
Sans retour, à en être exsangue, 
Acculée, émaciée, aimant encore
Mais tout juste au lieu de sombrer 

Comme se transfigure l'âme en lumière !
Papillon du sentiment éternel enlevé
Dans un vent qui le porte vers le secret
En hauteur, chambre haute, inaccessible

Royaume en éclat invisible au nombre
Quel or ! Chatoyance, reflets, splendeurs
Ce soleil de grâce inonde chaque cellule
De l'être, éclairs et fulgurance perpétuelle

Métamorphose ! Transcendance !

Quand les nuées se dissipent autour
L'âme consolée d'avoir aimé, aime encore
Toujours ! Car l'amour se nourrit de lui-même.


Christina Goh

vendredi 18 octobre 2024

J'ai mis du temps à comprendre

 

J'ai mis du temps à comprendre
Oui, je t'aime depuis toujours
Et pour moi, rien n'est plus beau
Plus chaud, plus doux même à cran
Voilà pourquoi je suis partie, loin
Je pensais ton cœur heureux sans
Moi, te croyais libre, j'ai survécu
Sans ton âme, sentie dans l'air
Au-delà des mers, je t'ai croisé
Souffle au ralenti, en équilibre
Pourquoi revenir vers les bras
Scellés ? J'ai volé tes nouvelles
Dans les regards qui t'avaient vu
Suivi les traces des mémoires
Qui t'ont connu, humé ton odeur
En pensée, je me suis résignée.

J'ai appris l'amour sans retour
A pertes. Je sais soigner mon cœur
Ignoré d'une rive ivoire, aimer encore
L'écume insaisissable omniprésente
Sans jamais la toucher, comblée
Voilà comment je te portais

Et puis j'ai lu ton empreinte...
Renaître à ta voix, pourrai-je ?
Je ne sais plus que te rêver
Glisser entre les doigts d'un destin
Avec lequel j'ai appris à danser
Il m'a rattrapé quand je tombais
Il me jette dans tes vagues, houle
L'onde m'embrasse, me trouble
Du flux de ma conscience
S'était éveillé l'être endolori
Mais je suis entre deux mondes
Tu m'as tuée, te souviens-tu ?
J'avais ressuscité sans toi
Etudiante de vie habitée
Je t'écoute... Même séparés
On a grandi ensemble

Tant de temps pour comprendre 


Christina Goh

mardi 17 septembre 2024

De gratitude douce, mes larmes s'écoulent

 
Les quilles tombent les unes après les autres
La boule revient inlassable, encore et encore
Lancent avec précision Légitime et Obscur
Vrillent les acclamations, à petit feu la mort
Quand se lézardent le portail et ses murs

Il n'y aura bientôt plus rien devant le canon
Crient Détresse et Apreté pour la vengeance
Le portail ne tiendra peut-être pas longtemps
S'il s'écroule, y aura-t-il donc plus de sens ?
Pour quelle intention ? Juste le quand ?

Je lève les yeux et voient les azurs
Le coton du ciel scintille, une goutte effleure
Il pleuvra bientôt et se comblera la soif
De tout ce qui vibre ici-bas, aussi les fleurs
Je ris, par espoir, ôte vivement ma coiffe

Résistent les murs quand tombe drue, la pluie
Se remplit la douve, Surprise, en un courant
Coule la boule, tousse Rage, se disperse la foule
Coule l'eau sur mes joues, et, ricochant
De gratitude douce, mes larmes s'écoulent.


Christina Goh

jeudi 5 septembre 2024

Cheminant


Trouve dans ma guise la force

N'oublie jamais mon enthousiasme
Mon amour

J'ai tant attendu pour ton essence
Loin du doute, j'ai saisi le sens

Trouve dans mon silence la force
N'oublie jamais mon enthousiasme
Mon amour

Qui prétend m'avoir veillée au soir ?
Qui a tracé les sillons de ma mémoire ?

Trouve dans ma confiance la force
N'oublie jamais mon enthousiasme
Mon amour

Pourquoi la fatigue devant la parole double ?
La sagesse marque l'autre face du trouble

Trouve dans ma franchise la force
N'oublie jamais mon enthousiasme
Mon amour

Tu m'aimes ! Ô joie, ô merveille !
On sème.


Christina Goh

samedi 27 juillet 2024

Acrostiches


La délicatesse tousse et retient ses larmes
A peine coulent-elles, douces, quand s’arment
Roulis de nuages, détrempant maints atours
Meurent à petit feu les subtiles nuances
Et dans les cœurs troublés, erre le sens
Se ferme ainsi l’esprit devenu trop lourd

Eh ! Pourquoi ? Danse !
Ho ! Je ne peux. Mais ris, on panse.


Christina Goh

lundi 10 juin 2024

« Regarde l’eau qui court »


J'ai cheminé auprès de l'ancien
Il m’a dit : « regarde l’eau qui court »
J’ai vu la rivière couler et j’ai compris
Hier n’est pas aujourd’hui ni demain
L’ancien a souri, a désigné un barrage
Le bois, la pierre n’étaient plus les mêmes
Vent et onde menaient la valse changeante
Souffle invisible à nos yeux et seul maître
J’ai senti mon cœur battre plus fort :
Quand l’air expiré vient grossir la brise
Qui caresse, frotte, maints éléments
Comment savoir ce que j’inspire ?
Frémissements, multiples flux
Dans le corps, rempart mouvant
Ma respiration chapitre la danse
C'est moi l'imprévisible eau
Qui donne la vie ou la ravage...
« Regarde l’eau qui court ».


Christina Goh

jeudi 25 avril 2024

Qu'importe (et triomphe)


Servir autrui n'est pas au programme
Cela ne l'a jamais vraiment été
Qu'importe l'âge, hommes ou femmes
Sinueux chemins de l'opportunisme, et

Ne les regardez pas frémir à la lumière
L'air de rien, le fugace sourire en coin
Oui, là ! Non déjà évanouie, lueur de l'enfer
Sur terre, qui s'en soucie ? Ils sont déjà loin

J'ai trouvé un jour une âme qui ingénument servait
Juste une fois ou deux, je peux les compter
Depuis, j'espère, malgré les terribles souhaits
Drapés des bonnes volontés de vanités convoitées

Servir autrui n'est pas au programme
Cela ne l'a jamais vraiment été
Qu'importe, nenni, nul blâme,
Car l'humble office travaille, entêté

Et, dans l'ombre, le service triomphe.


Christina Goh

mardi 2 avril 2024

Intimité


C'est l'intimité d'une âme seule
Que personne ne veut posséder
Et quand les ombres s'agitent, brutales
Qu'elles vont et viennent, se congratulent
Chantent et crient, maudissent aussi
Contemplant malheureuses tâches rouges
Sur les nappes et les draps des familles
Alors l'âme seule pleure et encore murmure
A laissé tomber son voile de décence
Depuis si longtemps, et pour chaque fil tombé
A genoux, elle implore qui ? Elle ne sait
Se traine dans la poussière, méprisable, triste
Pardon, pardon, pardon, pardon, pardon
Pour l'oubli impossible, pour l'horrible douleur
De sillages brûlants, de pertes innommables
Je vous ai donné ma parure et son temps
Et au nom de ce don qui transcende
Puisse cette Terre vivre sans les aiguilles
Qui ne cousent pas, celles qui torturent à tuer

Nul ne la voit, nul ne connaît la scène terrible
Mais l'oiseau saisit la fine baguette encore et encore
Avec le comparse, ils construisent les nids, solides
Qui ne tomberont pas, même en temps de vent
Qui abriteront les familles fragiles, à couvert.
Pour l'âme seule, qui essuie ses larmes, comme la pie,
Rassemblant les brindilles, toutes ficelles
C'est l'abri mystérieux paré de l'amour invisible
Ressource de l'être blessé, fatigué, qui aime encore
Intimité d'une âme seule, qui grandit
Que personne ne peut posséder.


Christina Goh

mardi 13 février 2024

Acrostiche et l'humilité...


Houle, elle est houle l'incroyable foule

Une vague déferlante, de millions de joies intimes, profondes

Marée humaine qui balaie trop de peines si peu comprises

Idéal d'une union de cœurs tant espérée, et voilà

Là où personne n'attendait plus rien... Voici le fidèle inattendu

Ivresse ? Oh non, c'est la soif apaisée après un long désert 

Trophée ? Plutôt l'emblème de courages tant, trop moqués 

Et scintillent les larmes de bonheur des mères de Côte d'Ivoire


Christina Goh
Dédicace à la Côte d'Ivoire à l'occasion de l'organisation d'une Coupe d'Afrique des Nations exceptionnelle.

mardi 16 janvier 2024

15 janvier. Ode pour M. L. King


Plantés là
sous le soleil
Exsangues
Sous les crachats
Coups de sang
des incrédules
Et l'air brûlant
Malgré les révoltes
Ainsi ont-ils semé
L'outil est le rêve
Le champ, nos vies
La pluie de tes larmes
A fait germer le sens.


Christina Goh
Ode pour l'anniversaire de Martin Luther King (1929 - 1968)

jeudi 4 janvier 2024

Expectation

  

"Ne t'inquiète pas..." 
Le ciel semble s'effondrer
Le cœur vacille, les pleurs
Submergent, Rêve
Surnage, halète. Il pleut.

Pas de répit, et pourtant
Poudrée des éclats des colères,
Leurre, cette vie n'est pas.
Sève transparente, elle alimente
Mieux celui qui doute du temps

Sans rire, ne panique pas
Père n'y croit plus, mère a peur
Appâts de tristesses sombres aux abois
Fientes comme engrais si tu t'apaises
Ment le désespoir, il veut survivre.

Mât de l'expectation, s'illumine la raison
Meurt la terreur, l'univers est grand
Lois inconnues d'une tendresse invisible
Aise, gagne l'être si profond, intime...
Vivre ! Il se ranime !


Christina Goh

mercredi 11 octobre 2023

C'est un monde...

 

C’est un monde où l’humanité a évolué
Où la science a résolu la pollution des mers
Où l’internet galvanise le lien social qui sauve
Où la bourse régule le partage équitable de flux 
Et sur la terre bleue, chantent à pleine voix
Les oiseaux et les enfants respectés
En multiples langues, le plus fragile protégé
Un monde où les politiques servent le citoyen
Où l’armée construit les écoles
Et les religions sont associations
A but non lucratif
N'exigent ni argent, ni sang.

Dans ce monde,
Les bibliothèques sont des "banques" d'histoires
On y place les archives et les témoignages
Là, robots et IA compilent la grande histoire
Le passé. Anciens et bénévoles s’y relaient.
Ils font revivre les victimes innocentes
des massacres passés de l’histoire humaine
C’est un monde où le vivant est précieux.
Heureuse, je ris.

Et je me réveille.


Christina Goh

mercredi 4 octobre 2023

La fragilité et l'ardeur (poème à étages)


On a tellement croisé ce regard
Incrédule, sourire en coin, qui doute
Quand certains pensent avoir tout vu
Ils déchirent, l’air de rien, des rêves...

Phare de ma vie, résiste la déroutante douceur
Coûte-t-elle ? Oui et je l’embrasse encore et encore
Mue volontaire et caresse cachée d'une sagesse
Sève revivifiée, arbre d'intérieur, myrrhe de vie

Leurre, les lésions, c’était juste un leurre
Mort subite de bien d’illusions troubles
Messes basses inutiles, évanescentes
Si je devais en rire, je l’aurai déjà fait

Cœur à l’œuvre, et l’intime, si profonde ardeur
Double richesse d’un silence bavard. Il me porte
Pentes raides mais les ailes luminescentes ondoient
C’est à froid que je te rejoins. Pour en voir encore.

Encore ! C'est si beau !

 
Christina Goh

Ce poème est un poème à étages. Deux types de lectures sont donc possibles : deux poèmes en un.

mercredi 16 août 2023

De nos larmes


Précieux fol, long
Lien qui me relie
A toi en pleurs que je vois
Sans yeux, ni bruit, au creux
De mon trouble cru, intérieur
Tu te dessines en nuances fragiles
Crois-je mais nous suivons le fil
L'au-delà de l'impuissance inutile
Et je recueille ta profonde tristesse
Comme tu partageas la mienne
Dans le sillage double de l'histoire
Et où que tu fus, tu sois, je souffre
Avec toi comme tu me respires
Dans l'air de cette danse partagée
De nos vies dans l'éternelle ronde
De ton souffle libéré que j'exhale
Empreinte indélébile que porte l’air
Qui féconde l’attente douloureuse
De nos hardiesses et brille la trêve
Ce jour, de nos larmes.
 

Christina Goh
Dédicace à H.