mercredi 24 juin 2026

La traversée


Je n’ai qu’une besace
Remplie de notes bleues
Pour arpenter la terre sèche
Survoler les rivages grisés
Portée par des ondes vives
En ocre, violettes pensées
Langues éphémères de vents

Alors que tout semble se perdre
Que l’amour n’est plus Amour
Quand ne se place que l’Intérêt
Avec déférence, calculs et logiques
Il y a ceux qui s’en vont
Dans un dernier souffle exalté
Qui frémit encore, à peine
Sous les quolibets de convergences
En subtiles lascivetés apprêtées
Frissons et cœurs n’émeuvent plus
Mes larmes assaisonneront le plat
D’autres, froid comme la vengeance

Mais je t’ai vu Espoir sourire
Devant les vers livrés en réclames
La musique, dénudée, exposée
La seule harmonie est celle du glas
Et dans les lumières des diseurs
Se fracassent les mers des solitudes
En vain. L’écume joue, tendre

Marche soyeuse de sentinelles
Etincelles de joies ardentes
Au pas de vos flammes aimantes
Empreinte indélébile transcende
Ailes tendres me portent
Et j’avance
Inaccessible aux sombres rages


Christina Goh