dimanche 10 janvier 2021

Somnambulisme (après le chaos)


Toi ? Mais que fais tu ?
C'est que je croyais le connaître
J'essaie de comprendre
Je... 


Oui, il parlait de ma vie
Il était le seul, le seul et nous
Il parlait de nous... Ahh
Si fort pour moi. Ma tête...


Hors du temps... Avec lui...
Le repos. Sur ses mots.
Ma réalité... Il me berçait.
On n'était plus des bêtes

Il ne dit plus rien.
Où est-il ?
Si seul... Suis si seul...
Oublie-le, il t'a menti.

Trop mal... Peut-être... 
Mon Dieu le manque... Tellement mal...
Mal... Comme une bête qu'on saigne...

Ami, réveille toi... Doucement... Réveille toi...

Quoi ?
Tu as blessé et tu t'es blessé.
Tu marchais en dormant...


Christina Goh


*Le somnambulisme (du latin somnus et de ambulus signifiant « se promener en dormant »).

mercredi 30 décembre 2020

La comptine du petit pou


C'est l'histoire d'un petit pou
Né sous de bonnes augures
Vif et joyeux,
Il voulait surtout tout comprendre :
Pourquoi je vis ? Qu'y-a-t-il au delà ?
Sommes-nous seuls dans l'univers ?

Tu penses trop lui disait sa mère,
Il n'y a rien lui répondait son père
Nous vivons ici depuis des générations
Sustente-toi, grandis et laisse ta place
Sois heureux et savoure le présent

Mais Petit pou voulait savoir
Et souvent il escaladait son brin
Pour aller au sommet, tout en haut
Mais il avait froid trop vite
Il n'avait jamais la résistance de monter
Il se désespérait de ne voir que sa forêt...

Vieux Pépé Pou lui racontait parfois
Ces visions. Il disait : "nos tempêtes, nos éclipses
Elles n'en sont pas, les anciens nous parlent
Ce sont des messages !
- Mais pour nous dire quoi Pépé ?
- Chacun doit entendre, changer...
Cette terre ne nous appartient pas...
Mais Petit Pou voulait tellement savoir...
Il voulait découvrir ce qu'il y avait au-delà
L'au-delà du brin.

Petit Pou devint grand, devint père à son tour
Il mit de côté ses questions d'enfance et vécut
Un jour, il sut que son temps était écoulé
Il sut que son cycle touchait à sa fin
Il courait moins vite, pouvait parler si peu
Mais Petit Pou avait gardé son âme d'enfant
Il décida de se rendre aux grandes falaises
Là où c'est interdit selon les tables,
Si vieux... Manquerait-il à qui que ce soit ?

La forêt semblait se clairsemer comme jamais
Il marchait de plus en plus difficilement
Si froid... De plus en plus de vent...
Et aucun brin pour se cacher ou se réchauffer
Il ne pouvait plus avancer. Tétanisé.
Puis il se sentit basculer, dans un gouffre infernal
Un monstre géant venait de le frapper
Le pou gisait sur le dos et tout bougeait

Tout. Mouvements et souffles violents. Tout autour
Si mal. Il mourait ? Qu'était-ce ? La douleur ?
Les visions des anciens ? De Pépé ? Qu'était-ce ?
Des êtres étranges, des sons trop forts, si violents
Un monde indéfinissable, des choses inconnues
Le chaos. Le chaos hors du monde des brins...
Trop grand. Trop grand. Trop grand.

Avant d'expirer, il eut le temps de penser :
Tant de choses hors de la forêt des brins...
Mais Petit pou était trop petit. Il ferma les yeux.


-"Berk ! Nicolas, tu as un pou sur l'épaule !
- Quoi ? Oh non !
- Il va falloir te traiter toute la tête..."


Christina Goh


Histoire de perceptions...
Faisons attention à nos vœux !

Puzzle (Poème à étages)

 

Comment classer les pièces 
D'un puzzle. Quelle catégorie ?
Es-tu Aristote ? Dis, qui es-tu ?
Dis-moi.

Messes officieuses à tous vents
Fi de tes libéralités sournoises
Repu, semblais tu, et de fines piques 
Quoi ? Pensais tu vraiment tromper ?

Mens moi encore un peu, ami de nom
Toise moi mieux, l'air de rien, veux-tu ?
Astiques encore ta lame-bouche...
Tronquée ?... Non. Tu es de nouveau perdu ?

Mon dit ami, je ne suis qu'une des pièces
Dûs sommes-nous tous... A la vie. Ne sais-tu pas ?
Souches et sommets, infinis, entiers, indéterminés
Fûts et bourgeons, multiples, tes calculs pour un brouillard

Brouillard qui passe...


Christina Goh

Qu'est ce que le poème à étages ?

lundi 14 décembre 2020

Un pas de plus


Course contre la montre
Et je courais contre 
"Mon ombre !"
Cache cache
Quête fébrile

Je la voulais
Vivante
Pas quand la terre nous avale
Etendues
Pour le gouffre sans fond

Non, consciente
Sa main dans la mienne
Debout, aux vents
Je la voulais
Et fondre l'une dans l'autre

Mais l'Ombre 
Projection 
de l'Autre
De sa lumière
La sienne !

Et depuis 
Une vérité
Etreinte
Plus sereine
Pour avancer...

Ondes invisibles
de Plénitude
Comblent le vide
Celui, Unique
de la zone d'ombre 


Christina Goh

En géologie, une zone d'ombre désigne une zone dans laquelle aucune installation ne peut enregistrer des ondes sismiques directes.

lundi 7 décembre 2020

Tristesse


La tristesse m'a prise dans ses bras
Douce, ardente, chaleureuse étreinte
Comme dans un bain tiède soyeux
Comme une caresse de lumière

Elle m'a murmuré sa complainte

Apaise ton cœur déchiré en pleurant
Chaque goutte d'eau est un don
Trace de ta gratitude oubliée
Trace de terreurs délaissées

La tristesse a hurlé avec moi

Ô désarroi ! Horrible, horrible tourment !
Le poison du dard si profond en moi
Pourquoi le mystère et l'impuissance ?
Pourquoi Sinistre gagnes tu nos vies ?

Puis elle m'a montré son côté broyé

J'ai souffert avec toi mais tu n'es pas à mon image
Souviens toi de moi, ma tendresse, mon silence
Je suis la dévouée qui hâte le retour de la lumière
Je suis la cicatrice, victoire exhibée en plein jour

Et mon cœur ne saignait plus, je l'ai trouvée 
Belle. La tristesse m'a souri
Avant de s'en aller. Elle a chuchoté
Tu m'as vue... 


Christina Goh

jeudi 19 novembre 2020

A toi, ce 19 novembre 2020


Je viens de lire sur l’Internet l’article qui relatait ta vie et ta mort.
En quelques lignes, ce que tu étais, ce que tu es. Une partie de moi.

« Sentimental », « il a tout abandonné pour suivre son amour dans la rue »… Ce sont les expressions utilisées par le journaliste pour te qualifier. Autrement dit : rempli d’espoir, conscient de l’importance d’un « nous », tu savais aimer et croire en l’autre…
Ton départ me fait mal.
L’espace d’un instant, j’aurai tellement aimé croiser ton regard, juste qu’on se sourie. Cela nous aurait fortifié tous les deux. J’ai moi aussi aimé à m’oublier, presqu’à me perdre, j’ai cru encore et encore et j’ai essayé, j’essaie encore, de toutes mes forces. Cœur de chair… Fragile. Bien souvent, un sourire, une chanson, un message m’ont rattrapée juste avant que le gouffre ne m’emporte.

Cher, tendre, ami, ta trace subsiste encore.

Comment pleurer quand cet écho résonne si fort en moi. Ce NON.
Non. 
Refaire le monde en reniant les efforts d’abnégation de ceux qui nous ont précédés et qui te ressemblent tant ? 

J’ai appris ton départ par l’Internet. Mais cela impliquait qu’il ait été inventé, que je puisse bénéficier de l’électricité, d’un toit. Cela impliquait un endroit où règne une relative paix, où les gens s’accordent et suivent des lois pour que je puisse passer ce moment sans me cacher, assaillie par une milice. Cela impliquait que ma mère m'accouche et soit suivie dans des conditions d’hygiène qui assurent notre survie dans un ensemble organisé fût-il à parfaire.
Combien sont-ils ces innovateurs dont je ne connais même pas le nom, qui se sont surpassés pour que je puisse me connecter sur un mobile et lire un article sur ta mort ? Toi qui avais choisi de vivre loin de tout système, loin d’un logis, loin de toute modernité ?

J’ai mal.

J’ai appris ton horrible départ, relaté par un autre, par l'internet parce que je me suis connectée. De ton vivant, il n’était plus possible de te joindre. Tu vivais « déconnecté ». Nous ne sommes pas de la même ville, tu refusais une adresse fixe. Comment aurai-je pu venir à toi mon ami ? Parfois venir à l’autre sans avoir été invité ou juste avec un emoji rempli de sentiments est comme une humble fête qui termine les pleurs…

Aujourd’hui, ton départ m’apprend la vie.

Ils sont partis, comme toi, dans des conditions horribles :
Hypatie, Ignace-Philippe Semmelweis, Aaron Swartz, passionnés, comme toi, ils ont changé nos vies, espérant nos existences en mieux. Et oui, comme toi, ils parlent encore...
Nous pouvons innover avec la technologie et le discernement. C’est possible. J’essaie encore de comprendre, de construire et d’avancer, souvent à tâtons. Encore et encore. Leurs traces nous aident.

Au nom de tous les rêveurs et chevaliers de la science, qui ont cru et croient encore à un futur meilleur. A toutes leurs découvertes qui respectent notre nature au point d’avoir accepté d’apprendre d’elle, à leurs erreurs qui nous ont appris l'humilité et la prudence, aux hasards de leurs trouvailles qui ont sauvé nos vies... Cette terre nous apprend l’abondance, pourquoi ne nous apprendrait-elle pas respect et vie ?

Pythagore ! Einstein ! Durkheim ! Les morts ne sont pas morts, ainsi poétise Birago Diop.

Mon doux et rigoureux ami...
Preux rêveur, où que porte mon regard ce jour, je te vois.


Christina 

mercredi 4 novembre 2020

Né(e) après 2000



Dédicace spéciale à tous ceux nés après 2000 en ces temps particuliers, également à tous ces élèves croisés au cours de mes ateliers. Une pensée toute particulière aux enfants et adolescents où qu'ils soient.



Né(e) après 2000


Ton regard, il brille...
La flamme ou la larme
Gestion de crise, passions
Le pleur puis le sourire
Magnifique, sur le selfie
En toi, snap et tik, tok !
Tu trouves l'humour
Et la force.

Mario est ta famille...
Le politique que tu connais
Certainement est Tom Nook
Du village imaginaire, et ta loi
Comme dans Minecraft, Sims... Chut !
Chantent les poneys arc en ciel...
Ton rêve de super héros
A l'intérieur, en écouteurs,
Se reflète sur ton écran
Le terrain vert ou en vlog
Ils ne savent pas ?
A l'extérieur, le masque
Est depuis longtemps
Ta mode : Asian way of life
BTS ou mangas !

Ton regard, il brille...
Né après 2000, si fier !
A raison. C'est ton regard
Sur un monde devenu maison
Tu es précieux...Tiens bon.
Avec ou sans leurs drames
Ceux qui prétendent savoir...
Toi, tu es pépite. Déjà.


Christina Goh