samedi 25 octobre 2025

Quelle course ?

 
C'est une course infinie
De laquelle je me préserve
Pourquoi courrai-je ?
J'ai essayé et je suis tombée
Dans un gouffre impitoyable
Profond, sombre, opaque
J'y ai décodé une lumière
En moi. Chute vertigineuse
Quand le combat est vain
Seuls les éléments sauvent
Connait-on les atmosphères ?
C'est le corps qui alerte
Quand il ressent, frôle, entend
Le néant a une odeur, il vibre
Instable, il te fait trébucher
Contre ou avec qui courrai-je ?
Je marche doucement, me pose
Mes pensées s'envolent, couleurs
Je ne suis qu'atomes qui dansent
Etincelles, autant d'ardeurs et lueur 
Se mêle au scintillement des aubes
Pour atteindre l'insaisissable
Sans piétiner le temps.

Christina Goh

mardi 7 octobre 2025

"A son essence"

 
France, pays de codes, de symboles et d'opiniâtreté farouche. Des champs de paysans, aux mines de charbon ; de la culture raffinée des rois de grandeur au pragmatisme rude des hommes des montagnes ; des êtres engagés aux reniés (...) 

A la France, je dédie cet ouvrage, à son essence qui m'a appris au travers de l'histoire de ces fleuves à ouvrir avec courage mon âme à l'autre jusqu'à me jeter dans ses bras, parfois à mes dépends et sous les coups de ses préjugés. Mais toujours, une option salvatrice : l'amour ne sauve-t-il pas ?

Au fil de l''eau, leurs murmures... Seine, Rhône, Loire... Et beaucoup d'autres. Autant de conteurs où se reflète l'histoire des non-dits troublants de notre humanité. Luttes, déchirures, courage et trahisons, pestes et misères, triomphes et illusions, luttes intestines, fragiles équilibres, angoisses et pressions mais un idéal... Des tréfonds de l'être : la libre pensée.

Français, du latin "Francus" venant du francique ripuaire frank, "libre"!

Christina Goh. "Ancre (Poèmes à étages)". Avant-propos. 2020

samedi 20 septembre 2025

Météorologie intérieure


Le corps, terre rouge trempée
Le sang, puissante vaste mer
Montagnes, forêts d’os comptés
Mes organes, filtre des airs
Et ma peau, complexe atmosphère
Cycles, cellules au travail
Minéraux, vitamines, fer
Quel temps fait-il vaille que vaille ?

Du réveil au coucher, caché
Le miracle du cœur enserre
L’âme, puis la projette au gré
Du souffle, voix en émissaire
Quand les rythmes s’accélèrent
Globule en ordre de bataille
Immunité sans le calvaire
Quel temps fait-il vaille que vaille ?

Chaleurs, centre de gravité
Déplacé, ô tiédeur repère
Donne nous de te respecter
Le froid, alerte mortifère
Qui donc voudrait de cette guerre ?
Alors l’esprit veille sans faille
Ambition vaine ou fructifère
Quel temps fait-il vaille que vaille ?

Je sais d’où je viens, de l’ovaire
Et ma chair n’est pas valetaille
Mon corps est mon monde, ma terre
Quel temps fait-il vaille que vaille ?

Christina Goh

Extrait de l'ouvrage TEMPS (Récit de vies, poèmes à forme fixe et chansons).
Ce poème est une ballade (petite) : poème ancien formé de strophes égales terminées par un refrain et d'un couplet final plus court appelé envoi.

vendredi 4 avril 2025

Hommage à Martine Strohl


J’ai rencontré Martine Strohl en Normandie. Le respect fut spontané et réciproque.
Nous avions en commun l’amour pour la musique (car elle fut aussi chanteuse de blues), et pour la Touraine.
Martine Strohl, ce fut une vie dédiée à l’autre, à la transmission, comme on en voit peu.
Elle confia, y compris en interview, combien la voix de Mahalia Jackson l’avait profondément marquée, à lui ouvrir aussi le chemin de l’engagement. 




Elle fut présidente de la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) - Section Touraine, pendant de nombreuses années. Elle est également à l’initiative de l’inauguration du kiosque Joseph Epstein, héros de La Résistance (2ème guerre mondiale) à l'historique Jardin des Prébendes à Tours, ainsi que de la plaque qui fut dédiée à la mémoire des indigènes des colonies :
"Toi qui passes, n’oublie pas que des hommes des cinq continents se sont battus pour ta liberté. A la mémoire des indigènes des colonies françaises, 1914-1918 - 1939-1945."

Martine Strohl marqua ma vie par sa gentillesse, son humour et sa sagesse.

A l'annonce de son décès, mes condoléances à sa famille et à ses proches.


Martine Strohl (1950-2025)














FERVENTE
(Hommage à Martine Strohl)



Peut-on attraper la flamme ?
Flamme vive, en couleurs ingénieuses
Défi de l’intelligence, âme de feu
Peut-on discerner toutes ses nuances
Comprendre la subtilité de ce qui l’anime ?

Flamme libre, intuitive, en mouvements
Risque imprévisible pour l’indécent
Source de vies pour le salut et le bâti
Genèse du feu brûlant du désir
D’un foyer-monde qui transcende

Pour faire vivre l’éclat et la lumière
Pour la chaleur bonifiante qui embrase
Pour réchauffer les cœurs froids
Aimer. Comme toi, la fervente
Martine Strohl !

Ainsi tu fus
Et ton étoile,
Elle brille encore !


Christina Goh


Photo Nouvelle République

mardi 25 février 2025

Oasis (poème à étages)

 

Les mondes se dessinent, s'étirent, fusionnent, Mouvement
Ballet de couleurs invisibles, traces d'air, sonores, inaudibles
A cheval sur les nuées étendues, imprévisibles, des âges
La pensée est rayon de soleils qui s'ignorent

Temps libres des vies tonitruantes, dissonantes, caressantes
Bleu des âmes, vagues des émois et milliards d'espèces 
Cages inutiles quand les ondes modèlent  nos corps
Sorts illusoires de ceux qui se croient maîtres d'un jeu

Lente progression d'un voyage, secrètes naissances
Messe de l'Inconnu, Avenir dévisage, intense, encore
Mort de mes certitudes le jour où je t'ai rencontrée
Je t'ai reconnue

Sens de l'ombre, de Miracle et ses silences révélés
Lors de mon périple, je t'ai trouvée sans savoir
Méfaits, troubles déroutes, qu'était-ce déjà ?
Mue efflorescente, sève indicible, équanimité

Equanimité, oasis ressource !


Christina Goh


Equanimité : égalité d'âme, d'humeur, tranquillité.
Ce poème est un poème à étages. Deux types de lectures sont donc possibles : deux poèmes en un.

mercredi 15 janvier 2025

Quand tout, tout l'amour se donne

 
Quand tout, tout l'amour se donne
Sans retour, à en être exsangue, 
Acculée, émaciée, aimant encore
Mais tout juste au lieu de sombrer 

Comme se transfigure l'âme en lumière !
Papillon du sentiment éternel enlevé
Dans un vent qui le porte vers le secret
En hauteur, chambre haute, inaccessible

Royaume en éclat invisible au nombre
Quel or ! Chatoyance, reflets, splendeurs
Ce soleil de grâce inonde chaque cellule
De l'être, éclairs et fulgurance perpétuelle

Métamorphose ! Transcendance !

Quand les nuées se dissipent autour
L'âme consolée d'avoir aimé, aime encore
Toujours ! Car l'amour se nourrit de lui-même.


Christina Goh

vendredi 18 octobre 2024

J'ai mis du temps à comprendre

 

J'ai mis du temps à comprendre
Oui, je t'aime depuis toujours
Et pour moi, rien n'est plus beau
Plus chaud, plus doux même à cran
Voilà pourquoi je suis partie, loin
Je pensais ton cœur heureux sans
Moi, te croyais libre, j'ai survécu
Sans ton âme, sentie dans l'air
Au-delà des mers, je t'ai croisé
Souffle au ralenti, en équilibre
Pourquoi revenir vers les bras
Scellés ? J'ai volé tes nouvelles
Dans les regards qui t'avaient vu
Suivi les traces des mémoires
Qui t'ont connu, humé ton odeur
En pensée, je me suis résignée.

J'ai appris l'amour sans retour
A pertes. Je sais soigner mon cœur
Ignoré d'une rive ivoire, aimer encore
L'écume insaisissable omniprésente
Sans jamais la toucher, comblée
Voilà comment je te portais

Et puis j'ai lu ton empreinte...
Renaître à ta voix, pourrai-je ?
Je ne sais plus que te rêver
Glisser entre les doigts d'un destin
Avec lequel j'ai appris à danser
Il m'a rattrapé quand je tombais
Il me jette dans tes vagues, houle
L'onde m'embrasse, me trouble
Du flux de ma conscience
S'était éveillé l'être endolori
Mais je suis entre deux mondes
Tu m'as tuée, te souviens-tu ?
J'avais ressuscité sans toi
Etudiante de vie habitée
Je t'écoute... Même séparés
On a grandi ensemble

Tant de temps pour comprendre 


Christina Goh