dimanche 30 juin 2019

Poème du pissenlit



Comme les pappus du pissenlit…
Une mise au point complexe d’ancrage
Pour mieux se détacher…
Soigneusement donner !


Christina Goh
Centre (Focus) - Livre numérique interactif

dimanche 23 juin 2019

La base comme le sommet…


J’entends : « la base est comme le sommet »
Avec aplomb : « L’amour est l’élan »
Pourquoi avoir à le démontrer si souvent ?
Et depuis son confort, confesser son tort
« Demain, je vais faire un effort »…

Si cette base est comme un sommet
Alors on s’enfonce tous lentement
Sûrement comme le cercueil dans
La tombe de stridents silences
Sol et sommet de médiocres évidences

La base comme le sommet…
Pourtant sur le pic de la montagne
Rien ne stagne, tout se veille
Risque du vide, à peine se poser,
Au réel, sans appui, se porter…

Qui s'est menti ? Armature et aiguille...
La base n’est pas le sommet.


Christina Goh

mercredi 22 mai 2019

Hommage à Dido Elizabeth Belle Lindsay épouse Davinier

Hommage à Dido Belle (1761 - 1804) épouse Davinier, fille de l'esclave Belle et de l'Amiral Sir John Lindsay, petit neveu de William Murray, premier compte de Mansfield.

Belle de mère en fille
Celle qui, depuis les Antilles
Accepta de croire au futur
Décida de voir au delà du mur
Préserver l'enfant jusqu'à la fin
Le temps que John l'atteigne enfin

Naturelle de mère en fille
Celle qui, loin des jeux de cils
Accepta de rester dans la cour
Décida de croire en l'amour sourd
Préserver l'espoir jusqu'à la fin
Que l'oncle William entende enfin

Beauté de l'âme
Précieuse dame
En cœur à cœur
Aimer.... Inébranlable douceur...
Libre Dido Elizabeth Belle
Libres ! Puissance de l'idéelle !


Christina Goh

A l'occasion du 22 mai, fête de la célébration de l'abolition de l'esclavage en Martinique, dont je suis originaire par ma mère, je suis heureuse de partager ce poème sur Dido Belle, grande nièce de Lord Mansfield, figure historique de "l'arrêt Somersett" qui marqua le début du compte à rebours légal qui allait mener à l'abolition de l'esclavage.

En savoir plus : 
http://mafr.fr/fr/article/dido-elizabeth-belle-le-droit-naturel-en-chair-et-/

jeudi 18 avril 2019

Best of Christina Goh


"Tout mon cœur dans vos haut-parleurs
Toute mon âme... A vos oreilles...
Et les notes s'égrènent des heures
Au rythme des battements sans sommeil
Du cœur dans vos haut-parleurs...
"

Christina Goh


mercredi 17 avril 2019

La forêt - Conte


Il était une fois
Une magnifique forêt
Qui abritait bien des souffles
Des animaux de toutes espèces
Qui sous la voûte de verdure
Trouvaient un peu de répit
A l'abri du soleil ardent
D'autres contemplant simplement
Les branches de toutes sortes
Mais tous en ressortaient ragaillardis

Un jour, une part de la forêt prit feu
Drame en ce lieu, le refuge brûlait !
Flammes et larmes de désespoir
Tous se lamentaient avec force, en silence
Pleurant cette forêt amie blessée
Tous se demandant mais comment ?
Comment retrouver une si belle forêt ?
Son souffle, son abri, sa beauté ?
Il fallait se réunir et agir vite
Cette forêt entière donnait tant à tous
Ses blessures semblaient insupportables

Les animaux tinrent conseil :
- Nous déblaieront ! Dirent singes et fourmis
- Nous creuseront de nouveaux trous !
Dirent les pangolins et les porc-épics
Nous sommes de constitution forte
Dirent les éléphants, les buffles, les gorilles
Nous déracineront les arbres épars
Ceux repérés par les faucons
Et nous viendrons les replanter.
Nous arroserons annoncèrent les pélicans
Et à chacun d'annoncer sa décision...
- Pourquoi ?

La question émanait des panthères :
Pourquoi profitez vous de cette tragédie
Pour exalter votre originalité, éléphants ?
Vos trompes ne sont pas si exceptionnelles !
Oui renchérirent les zèbres et les biches :
Vous les pélicans, ö grand jamais,
Vous ne nous apporteriez à boire
Hors en tout temps vous le devriez...
Les points d'eau sont si dangereux...
Quoi donc, répondirent les oiseaux,
Nos becs sont-ils là pour vous servir ?
Des insultes fusèrent ici et là
Ce fut le début d'une dispute sans fin.

Le tumulte attira des pisteurs humains
A la recherche de gibiers
Trop heureux de voir tant de bêtes
Ils allèrent vite chercher du renfort
Profitant de la fumée épaisse
Qui couvrait encore leur odeur
Ce fut un carnage.
La morale de cette histoire ?
Il n'y en a pas.
Retour à la réalité
"Il était une fois"...


Christina Goh

dimanche 10 mars 2019

Water (poème à thème pour le spectacle "Bring Us Your Women" 8 mars 2019 - Somerville Théâtre, MA. USA) - Weetamoo


Weetamoo


"My name is Weetamoo
Sachem of the Pocasset tribe
A long time ago

I was given by the water of the womb of my mother
Then people from the sea changed my tribe life forever
I died drowned at Taunton River

Your tears and your sweat are salt water
You breath thanks to the oceans. They’re your air…
Do you understand ?

No black nor white nor red-skinned
We are all transparent
Mirror of our earth
We are all "blue"
Don't you know ?
We are Water."


Christina Goh


Traduction

"Mon nom est Weetamoo
Cheffe de la tribu Pocasset
Il y a longtemps...


J'ai été donnée au monde par l'eau des entrailles de ma mère
Puis un peuple venu de la mer a changé la vie de ma tribu pour toujours
Je suis morte noyée dans la rivière Taunton

Tes larmes et ta sueur sont de l'eau salée
Tu respires grâce aux océans. Il sont ton air...
Comprends-tu ?


Ni noir, ni blanc, ni peau rouge
Nous sommes tous transparents
Miroir de notre terre

Nous sommes tous "bleus"
Ne le savais tu pas ?
Nous sommes Eau"



Christina Goh

mardi 11 décembre 2018

Bilan très personnel


Ce message très personnel, je suis peu habituée à ce genre d’exercice, pour le bilan de “La Différence – Abidjan 2018”.

Un mot qui résumerait cet événement : sincérité.
J’aurai tout donné, mes économies, des kilos (j’en ai perdu beaucoup) et ma santé (je suis sous cure vitaminique actuellement d’où le retard de ce post). Le cœur rempli de reconnaissance pour tous ceux qui ont participé à ce projet de près ou de loin.

Je pense aux candidats qui dès le départ ont envoyé leurs poèmes. C’est un dialogue entre l’auteur et le lecteur qui transcende toutes les différences. Chaque poème était un cadeau précieux. Je pense aux nombreux courriers de ceux qui n’ont pas été nominés et qui écrivaient juste pour dire leur joie d'avoir échangé... Echo d’une même ardeur.

J’ai déjà remercié le jury, les invités et tous les partenaires mais je me devais de souligner des actes rares : je pense à Mme Ketty Laubhouet, première directrice des Nouvelles Editions Africaines, qui à 81 ans, s’est déplacée sur les différents sites sur plusieurs jours. Aux intéressés inestimables également qui ont choisi de nous suivre tout au long de la semaine. A la communauté libanaise qui a fait mentir certains préjugés par l’implication de ses représentants pour un hommage à l’auteur ivoiro-libanais Maurice Koné.

Je pense à tous les anonymes, au chauffeur de taxi qui a ramené gracieusement en urgence les lunettes du Dr Des Rosiers pour qu’il mène à bien sa conférence... Et aux équipes ivoiriennes des festivals Festilag et 100 Tambours venues prêter main forte par solidarité culturelle. Merci du fond du cœur aux précieux bénévoles de “La Différence - Abidjan 2018”.

Je reste profondément marquée par l’implication des techniciens des différents centres partenaires : palais de la culture, bibliothèque nationale, bibliothèque du district, musée des civilisations, médiathèque de l’institut français. Marquée par les employés, artistes dans l’âme, avec qui j’ai monté les expositions ; par les directrices et directeurs des structures culturelles en Côte d'Ivoire qui n’épargnent pas leurs heures… Y compris la nuit ou le week-end, sans le faire valoir.

Je pense enfin à ceux qui m’ont fait confiance malgré le désistement imprévu d’un partenaire de poids au dernier moment. A ceux qui nous ont invités gracieusement pour la joie du partage et pour faire découvrir aux invités "la Côte d'Ivoire, pays de l'hospitalité".

La Différence, est un événement qui réunit la poésie et l’intériorité pour un mieux-être. Loin de s’adresser à un cercle fermé, ce programme s’ouvre à tous. Le concours est en vers libres, permet à des auteurs confirmés une exploration sans limites sur d’autres sentiers de création, aux simples amoureux des lettres de trouver l’audace de pouvoir écrire et à tous ceux qui ne s’y intéressaient pas, d’avoir le choix d’entendre une autre musique, celle des mots.

Comme le disait Cocteau :
«Voilà le rôle de la poésie. Elle dévoile, dans toute la force du terme. Elle montre nues, sous une lumière qui secoue la torpeur, les choses surprenantes qui nous environnent et que nos sens enregistraient machinalement.»

Et pour ce faire, je suis profondément reconnaissante des collaborations diversifiées à l'image de la thématique de la différence, entre les pays (Côte d'Ivoire, USA, Haïti, Canada et France, Algérie, Congo, Cameroun, Togo, Bénin, Sénégal...) mais aussi les institutions, les associations, les collectifs, les entreprises, les individus.

Merci encore au service international de la ville de Tours en France pour son soutien institutionnel dans le cadre de l'exposition "Voyage en écriture de lumière à Tours illustré par Senghor". Aux Ivoiriens de la métaspora de Orange Blanc Bleu Internationale Tours Centre Val de Loire / Les Amis de la Côte d’Ivoire pour leur présence sans faille.

Et dans le respect des institutions de la république de Côte d’Ivoire où a eu lieu « La Différence – Abidjan 2018 », je veux remercier :

- Le Maire du Plateau M. Jacques Ehouo, dont la commune recevait la majorité des activités de La Différence, pour m’avoir reçue en audience et pour avoir permis une rencontre avec l’Amicale des Etudiants du Plateau dans ses locaux.

- Mes remerciements à Monsieur Bandaman, le Ministre de la Culture de Côte d’Ivoire, pour son parrainage institutionnel et pour l’audience accordée le 26 novembre 2018 au Ministère suite au récital.

- Enfin, je n’oublie pas la Présidence de la République de Côte d’Ivoire pour sa réponse toute symbolique et ses vœux de succès, en réponse au courrier de présentation de La Différence-Abidjan 2018. Il y a beaucoup à espérer d’un pays qui, sans se moquer, ne méprise pas des projets poétique pour le mieux-être.

Au-delà de tout, au-delà du temps, merci à Sonia et à Catherine.

Une dédicace spéciale à ma mère d’origine martiniquaise, amoureuse de la Côte d’Ivoire, pays de mon père, qui passa ses diplômes, fût enseignante (lycée classique, université de Cocody) et bibliothécaire en terre ivoirienne pendant 22 ans.

Le merci de la fin à mon époux et nos quatre enfants qui supportent vaillamment mes absences !

Place à la poésie ! Et comme l’écrit Belfadel Tawfiq, un des cinq lauréats de “La Différence - Abidjan 2018” :
“ Nos mots abattent les murs,
Libèrent les mouettes,
Et tissent un pont.
”


Christina Goh
 Le 11 décembre 2018
 http://difference.christinagoh.com