samedi 17 octobre 2020

Hommage

 

Quand les émotions sont profondes et indicibles, elles peuvent trouver leur écho dans ce qui a déjà été écrit.
Extrait avant-propos - "Ancre" - Ouvrage publié en janvier 2020


Pour cette nouvelle décennie qui arrive, je dédie cet ouvrage à la France. J’y suis née, à Paris, dans le douzième arrondissement, celui de la Bastille, un 14 juillet 1977, fête de la Fédération. N’ayant pas grandi dans mon pays de naissance, mon « premier contact » avec l’âme de ce pays se fera à 18 ans.

France, pays de de codes, de symboles et d’opiniâtreté farouche. Des champs de paysans, aux mines de charbon, de la culture raffinée des rois de grandeur au pragmatisme rude des hommes des montagnes, des êtres engagés aux reniés, des aventuriers des mers, des désespérés des fers aux innovateurs artisans ou philosophes et la précieuse transmission constante, omniprésente. Concept et souffrance d’un absolu, hantise du souvenir et intelligence d’un futur…

A la France, je dédie cet ouvrage, à son essence qui m’a appris au travers de l’histoire de ces fleuves à ouvrir avec courage mon âme à l’autre jusqu’à me jeter dans ses bras, parfois à mes dépends et sous les coups de ses préjugés. Mais toujours, une option salvatrice : l’amour ne sauve-t-il pas ? Au fil de l’eau, leurs murmures… Seine, Rhône, Loire et beaucoup d‘autres… Autant de conteurs où se reflète l’histoire des non-dits troublants de notre humanité.

Luttes, déchirures, courage et trahisons, pestes et misère, triomphes et illusions, luttes intestines, fragiles équilibres, angoisses et pressions mais un idéal... Des tréfonds de l’être : la libre pensée.

Français, du latin Francus venant du francique ripuaire fʀaŋk, « libre » !

Oui, j‘aime la pudeur railleuse dudit français, celle qui lui fait dire à raison : « Si vous saviez… »


Christina Goh

samedi 19 septembre 2020

Je ne fermerai pas les yeux


Je ne fermerai pas les yeux,
Pour m’endormir en pleurant
Dans une trouble frénésie, épuisée
Incomprise, hagarde et submergée 

Car ami, je vois toujours ton regard
Et je sais que tu entends ma voix :
 
Nous nous emploierons plutôt avec soin
A graver en nous de l’être aimé
Chacun des précieux traits, sans omettre
Le moindre détail, veux-tu ? 

Nous aimerons même les craintes rides,
Les cicatrices et leur étrange beauté 
Emportons le reflet de la lumière des larmes
Des yeux océans, d’où surgissent
Fascinants et vifs arcs de la terre au ciel
Ponts de victoire des âmes en couleurs
Et l’éclat de rires qui nous inonde
Toujours. Etoiles au-dessus des forêts
Inconnues, espoir des lucioles mutines,
Projecteurs petits et grands de nos vies...

Non, je ne détournerai pas le regard 
De notre précieux même si tourmenté
Monde, fût-il en plein Covid-19
La vie est déjà le rêve...

Le masque révèle nos yeux
Puissent-ils briller toujours !

Vade retro... (à la place de)


Juste vouloir

Le vide

En moi

A ras bord

Je tousse

Vertige

Cri

Autour

Néant

Et en moi

S’effondrent

Les repères

Le souffle ?

Dit-on

Où ?

Je cherche

Encore

Ils hurlent

Encore et encore

Je tousse

Marque d'un diable ?


Christina Goh

mardi 30 juin 2020

Les bras de l'Eternité


C'est quand je pense à tous ceux que j'aime
Quand je respire leur affection, Eternité
Et que je me blottis dans ses bras, oui,
Chaleureuse, câlineuse, insubstantielle,
Empreinte. D'amour et tendresse absolue...

C'est quand je pense à ceux que je chéris

Si fort même trop loin, comme je les aime !
En moi, leur inoubliable, douce, ardeur
Et lumière. Qui imprègne délicatement... Tout
Impalpable, gracieuse, sonde mon âme
Y dépose la force d'aimer encore, et encore !

Ainsi unit Eternité, son embrassade
Transcende les temps, ce qui aurait pu être...
Serait-ce la force ultime du réel ?
Je pense à ceux que j'aime...
Tellement.


Christina Goh

mardi 2 juin 2020

Ainsi parla le néant...


"Je surviens souvent sans crier gare
Ou sinon, je pique du bout de mon dard
Ta vulnérabilité ?

J’aurai dû, certes, ne point exister, mais
Dis-moi, candide ami, loin de tes fins mets
Aimes-tu ma soupe légère à l’eau trouble ?

Tu chérirais le vide...

Qui d’autre que moi pourrait aussi mal combler
Cette faim continue, frénétique, torturée
D’oublier, de ta propre histoire, l’essentiel ?

Car en contemplant ainsi, en savourant l’inutile,
Tu me rend éternel en toi, moi, le futile !
Pourquoi ?"


Christina Goh

mardi 5 mai 2020

Nos mains


Ta main
Dans la mienne
Si chaude
Douce... Juste
Ce qu'il faut
Pour croire

Nos peaux
Se frôlent
C'est lisse
Facile...
Pour rêver

Nos doigts
Jouent, glissent
S'embrassent
Rythment
Nos pas

Nos mains
Dansent
On... Rit
On dessine
Le chemin...


Christina Goh

"Quêter" - Dialogue (Poème à étages)


"Quêter"
Un mot bien moins beau
Que ne serait le terme "quête"...
"Quêter", tout aussi noble

Témoin actif du manque
Faux ami de la peine, "quêter"
Fête d'illusions à jamais transmises
Vignoble mûr de troubles et profonds désirs

Banques et paniers regorgeraient de tumultueux non-dits,
Bonté secrète d'idéaux codés jugés mercenaires
Mise des anciens pour remplir discrètement la coupe...
Plaisirs et Graal seraient eux, niés des haletants : "quêter"

Fi de tes politesses, ensorceleur, quêter c'est mendier
Cerfs, autre gibier, billets ou dit bonheur ...
Loupes débusquant simplement les taches d'un vin frelaté
"Quêter"...  Tu ne parles pas de rêves. Et la quête de quoi ?

De quoi se satisfaire...


Christina Goh