dimanche 18 mai 2014

Eaux et nous


Ça pousse, ça presse
Cela vient de l’arrière de la file, loin derrière
Cela remonte à l’enfance, au silence…

Quand on levait les yeux vers mère - origine
On regardait ce regard débordant de larmes
On demandait en vain, pourquoi ces nuages ?

Ça pousse, ça presse
Pour monter de plus en plus haut, toujours, et… ciel !
Pour découvrir que la pluie vient d’en bas… Abîmes…

Puis, ce n’est plus qu'une question que de temps
Avant de se laisser porter par une foule amène,
Avant de succomber à l’appel d’une norme amère.

Mais notre «nous» n’a jamais eu les pieds sur terre :
C’est ton sourire, il me porte au-dessus des nuées…
C’est notre rire, il effleure, caresse, libre… Oh libres !


Christina Goh

samedi 15 février 2014

Invisible


C’est le feu qui couve sous la cendre
La passion pure, absolue, oh toute puissante,
Energie, lutte ? Totale et silencieuse...

Je voudrais mon être tout entier et maintenant
Je le sens, en moi, tout autour et l’urgence…
C’est sonore et insistant, un souffle essentiel, brûlant

Mais pourquoi personne n’entend ?
Des feux continuent de brûler, nous consument
Dévorent vivant le devenir… A disparaitre…

Invisible… Ce stress m’étreint, à petit feu, m’éteint…
Je ne le vois pas, mais comme il m’oppresse !
Pourquoi son remède serait-il visible ?

Une main… Retient la mienne... Retient...
Sourire… Comme une rivière fraiche... Douceur...
Ton affection… Par ton affection, tu partages ma flamme !

Insaisissable baume ? Jamais.
Si simple... Efficace... O joyeuse réserve... Egale
Partition... Délicate exaltation... Oh ! Ne suis pas seule...


Christina Goh

mardi 7 janvier 2014

Préservation

Avez-vous remarqué ?
A tout vouloir lisser
Ils gomment les rides du sourire
A ne rien vouloir donner
Ils perdent l’élan de toute une vie
Celui de la générosité...

Avez-vous bien noté ?
Sourcils froncés, yeux plissés
Ils comptent avant d’oublier
Ils se moquent des délaissés
Ceux du bord du chemin, usés
Ceux qui arrivent encore à pleurer…

Une suite de prouesses, de rudesses… Un instinct ?
Non. Ils ont choisi de se consacrer à ceux et tout ce
Qui consolident leur unique obsession : soupirer d’aise
Bien au chaud, loin du froid, loin des risques
Que donne le souci d’aimer les autres…

Ainsi vont les méticuleux esprits de conservation…


Christina Goh

mardi 31 décembre 2013

Ephémère


Ephémère,
Année qui passe
Ephémère,
Année qui vient
Et l'éphémère
Souhait
S'envole...

Vite !
Retiens
Au creux
Des mains
L'espoir...
Un sourire
Et respire...


Christina Goh

samedi 26 octobre 2013

Artiste !!!


D’où vient que l’artiste serait au firmament,
Une étoile qui brille au petit matin ?
D’où vient qu’il serait un phénix,
Une gloire, un triomphe à suivre
Brassant des masses soumises à son art...

Artiste est une exubérance de l’âme
Une souffrance que rien n’apaise
Car il en restera toujours un
Qui n’aura pas entendu ou vu
Le message atroce de l’ornemaniste…

Convaincre n’est pas l’obsession
Le message de l’artiste est une brise
Qui apaise, soigne le cœur brûlant…
Mais qui sont donc ces auteurs anonymes,
A l’origine des tempêtes des révolutions ?

Pour réveiller, faudrait-il donc heurter ?
Bousculer, blesser, diviser puis dominer ?
Ombres des fragiles, vitrines stratégiques
Plumes et voix de calcul fardé et masqué…
Mais qui sont donc ces faiseurs d’opinion ?

L’art n’a jamais été un jeu, ni une diversion
C’est un don libre et conscient de son être
Un créateur fou qui marche à contresens
D’un monde qui veut gagner à tout prix…
L’artiste est toujours perdant, c’est sa richesse.


Christina Goh

vendredi 6 septembre 2013

Cri...


L’entendez-vous ?
Ce cri de dédain…

C’est la morgue d’un contingent goguenard
Qui a exalté l’inutile, sublimé la honte permissive,
Celle qui fait gagner son pain dans la sueur acide...
Une survie bornée aux engrenages qui dévorent, féroces,
Toute sincérité. Priorité à l'éclatant « m’as-tu vu »…

Dédouanés ensuite « déprimés », on deviendrait
Parents de fantômes d’enfants… dit à l’avant garde,
Mais fragiles, jeunes, agglutinés devant des écrans,
Des chansons aux oreilles leur criant leur supériorité…
Et l’illusion passerait… Si l’affection n’était si forte !

Crédules ou brisés, les enfants aiment leurs parents
En général, c'est réciproque. Même tout au fond...
Le contingent pensait-il son mépris contagieux ?
Sans doute… L’instant d’une épidémie courte et bénigne
Car la belle et profonde Affection se fend des défauts…

Oh, mystère de la Tendresse et de la douce Intimité !
C'est un chant... Entendez-vous le cri d'amour ?

Christina Goh

jeudi 22 août 2013

De toi à moi...



 De toi à moi…

Quelles sont nos différences ?
Sont-elles si grandes qu’on le pense ?
Serait-ce le teint, la façon de parler
Ou encore de bouger ?

Toi dans une chaise qui roule,
Moi, noyée dans la foule…
Toi, qui refuse le regard de pitié
Moi, qui cours après la générosité…

Toi, tu sais que le pire existe,
Et moi, qui pense qu’on est quittes…
Quand toi tu gardes le sourire,
Moi je pense si souvent au pire…

Alors, de toi à moi
Y a-t-il vraiment une différence ?
Non. Nos limites sont, et je le pense
Bien humaines, bien égales.

Alors de toi à moi
Sera-t-il possible pour nous deux
D’être de ceux qui aiment, et qui, à deux
Pourront, libres, parcourir la vie dans la nuit "foyale" ?


Christina Goh
Dédicace aux bénévoles de la nuit de l’accessibilité Fort de France 2013