samedi 15 décembre 2018

CREER


Invisible
Un frôlement persistant. Jusque...
Dans l'âme.

Ni assembler... Ni accommoder.
Créer est un cheminement secret
Arcanes du fond absolu de l'être
Fusion d'esprit et de matière
Propulsée

CREER

Car engendrer est une douleur
Feu de Fulgurance
A rendre incandescente
La longue agonie des limites
Aucune gloire

Celui qui se pense brillant
A juste vu l'étoile bleue ardente
Et illuminé un bref instant
S'est cru guide de lumière...
Aucune gloire.

Rémanence. Onde de choc. Invisible.
CREER
Pour un frôlement. Jusque...
Dans l'être
Ensemencé.


Christina Goh

mardi 11 décembre 2018

Bilan très personnel


Ce message très personnel, je suis peu habituée à ce genre d’exercice, pour le bilan de “La Différence – Abidjan 2018”.

Un mot qui résumerait cet événement : sincérité.
J’aurai tout donné, mes économies, des kilos (j’en ai perdu beaucoup) et ma santé (je suis sous cure vitaminique actuellement d’où le retard de ce post). Le cœur rempli de reconnaissance pour tous ceux qui ont participé à ce projet de près ou de loin.

Je pense aux candidats qui dès le départ ont envoyé leurs poèmes. C’est un dialogue entre l’auteur et le lecteur qui transcende toutes les différences. Chaque poème était un cadeau précieux. Je pense aux nombreux courriers de ceux qui n’ont pas été nominés et qui écrivaient juste pour dire leur joie d'avoir échangé... Echo d’une même ardeur.

J’ai déjà remercié le jury, les invités et tous les partenaires mais je me devais de souligner des actes rares : je pense à Mme Ketty Laubhouet, première directrice des Nouvelles Editions Africaines, qui à 81 ans, s’est déplacée sur les différents sites sur plusieurs jours. Aux intéressés inestimables également qui ont choisi de nous suivre tout au long de la semaine. A la communauté libanaise qui a fait mentir certains préjugés par l’implication de ses représentants pour un hommage à l’auteur ivoiro-libanais Maurice Koné.

Je pense à tous les anonymes, au chauffeur de taxi qui a ramené gracieusement en urgence les lunettes du Dr Des Rosiers pour qu’il mène à bien sa conférence... Et aux équipes ivoiriennes des festivals Festilag et 100 Tambours venues prêter main forte par solidarité culturelle. Merci du fond du cœur aux précieux bénévoles de “La Différence - Abidjan 2018”.

Je reste profondément marquée par l’implication des techniciens des différents centres partenaires : palais de la culture, bibliothèque nationale, bibliothèque du district, musée des civilisations, médiathèque de l’institut français. Marquée par les employés, artistes dans l’âme, avec qui j’ai monté les expositions ; par les directrices et directeurs des structures culturelles en Côte d'Ivoire qui n’épargnent pas leurs heures… Y compris la nuit ou le week-end, sans le faire valoir.

Je pense enfin à ceux qui m’ont fait confiance malgré le désistement imprévu d’un partenaire de poids au dernier moment. A ceux qui nous ont invités gracieusement pour la joie du partage et pour faire découvrir aux invités "la Côte d'Ivoire, pays de l'hospitalité".

La Différence, est un événement qui réunit la poésie et l’intériorité pour un mieux-être. Loin de s’adresser à un cercle fermé, ce programme s’ouvre à tous. Le concours est en vers libres, permet à des auteurs confirmés une exploration sans limites sur d’autres sentiers de création, aux simples amoureux des lettres de trouver l’audace de pouvoir écrire et à tous ceux qui ne s’y intéressaient pas, d’avoir le choix d’entendre une autre musique, celle des mots.

Comme le disait Cocteau :
«Voilà le rôle de la poésie. Elle dévoile, dans toute la force du terme. Elle montre nues, sous une lumière qui secoue la torpeur, les choses surprenantes qui nous environnent et que nos sens enregistraient machinalement.»

Et pour ce faire, je suis profondément reconnaissante des collaborations diversifiées à l'image de la thématique de la différence, entre les pays (Côte d'Ivoire, USA, Haïti, Canada et France, Algérie, Congo, Cameroun, Togo, Bénin, Sénégal...) mais aussi les institutions, les associations, les collectifs, les entreprises, les individus.

Merci encore au service international de la ville de Tours en France pour son soutien institutionnel dans le cadre de l'exposition "Voyage en écriture de lumière à Tours illustré par Senghor". Aux Ivoiriens de la métaspora de Orange Blanc Bleu Internationale Tours Centre Val de Loire / Les Amis de la Côte d’Ivoire pour leur présence sans faille.

Et dans le respect des institutions de la république de Côte d’Ivoire où a eu lieu « La Différence – Abidjan 2018 », je veux remercier :

- Le Maire du Plateau M. Jacques Ehouo, dont la commune recevait la majorité des activités de La Différence, pour m’avoir reçue en audience et pour avoir permis une rencontre avec l’Amicale des Etudiants du Plateau dans ses locaux.

- Mes remerciements à Monsieur Bandaman, le Ministre de la Culture de Côte d’Ivoire, pour son parrainage institutionnel et pour l’audience accordée le 26 novembre 2018 au Ministère suite au récital.

- Enfin, je n’oublie pas la Présidence de la République de Côte d’Ivoire pour sa réponse toute symbolique et ses vœux de succès, en réponse au courrier de présentation de La Différence-Abidjan 2018. Il y a beaucoup à espérer d’un pays qui, sans se moquer, ne méprise pas des projets poétique pour le mieux-être.

Au-delà de tout, au-delà du temps, merci à Sonia et à Catherine.

Une dédicace spéciale à ma mère d’origine martiniquaise, amoureuse de la Côte d’Ivoire, pays de mon père, qui passa ses diplômes, fût enseignante (lycée classique, université de Cocody) et bibliothécaire en terre ivoirienne pendant 22 ans.

Le merci de la fin à mon époux et nos quatre enfants qui supportent vaillamment mes absences !

Place à la poésie ! Et comme l’écrit Belfadel Tawfiq, un des cinq lauréats de “La Différence - Abidjan 2018” :
Nos mots abattent les murs,
Libèrent les mouettes,
Et tissent un pont.



Christina Goh
 Le 11 décembre 2018
 http://difference.christinagoh.com

dimanche 2 décembre 2018

Matière


A certains hommes,
Il ne reste plus rien
Juste la colère
Sans mémoire
Quand vient le temps
Des confluents
Rien ne compte plus
Sauf la douleur
De leurs émois
Se droguent à l'infini
Au vertige du vide
Chaos de miroirs
Brisés. Certains humains
Ont choisi d'être des trous noirs...

Pourquoi disparaître ?
Nous graviterons donc
Fluctuant avec les marées
A l'horizon, au présent du futur,
S'inspirer à colmater la faille...
Car Aristote nous avait prévenus
"La nature a horreur du vide".

Aimer ne comble-t-il pas ?


Christina Goh

mardi 6 novembre 2018

Départ de l'Ami


Mon ami, mon frère
Guerrier, explorateur,
Facétieux, confident
Echo de mon âme
Guide et protecteur
Histoires mêlées
Précieuses alliances
C'est une famille
De l'au-delà des mers
Tu pars sans bruit
Mais c'est un cri :
Mon ami, mon frère
Merci.


Christina

mercredi 24 octobre 2018

"Re-connaissance"


J'ai échappé à l'ogresse dévorante
J'ai plongé lors de sa poussée violente
Me suis envolée pour me blottir au creux
De tes bras. Et je vois au loin ses feux
Rugissants comme des volcans de furie
Ils ont souvent brûlé mon ombre à la lie
Ancienne torche de nuits âpres de doutes
Mais la délicate brise caresse, je goûte
A la finesse de ta simple, ta sublime
Douceur, ô tendresse d'un nid, à la cime
De verte montagne... Sente à double sens
Je ne suis que reconnaissance...
Car éperdue... Je l'ai été. Presqu'en cage...
Rechapée de la consomption de la rage

La fraîcheur de l'âme est cristal, un miroir...
Qu'y voit-on ?


Christina Goh

vendredi 28 septembre 2018

A propos de "La différence - Abidjan 2018"



On me demande :
- "Pourquoi en Côte d’Ivoire ? En Afrique de l’Ouest ? Là-bas, on aurait d’abord besoin d’infrastructures, d’argent, d’aide à l’alphabétisation… Pourquoi investir pour la poésie ?"

Généralement un petit sourire en coin accompagne la question...



En Côte d‘Ivoire comme dans le reste du monde, il y a eu, il y a et il y aura des amoureux de l’art pour l’art, des explorateurs de cultures, des passionnés de l’ailleurs et de l’universel, des gens qui rêvent, lisent et écrivent…

J’ai grandi dans une commune populaire abidjanaise. A Treichville.
J’ai aussi habité au vif quartier de Yopougon, au discret 220, au chic Plateau, au classieux Cocody... Mais Treichville a marqué ma vie parce que j’y ai passé une bonne partie de mon enfance et de mon adolescence.
Et c’était mon royaume.
Un royaume littéraire ! Pré-adolescente, les livres coûtaient chers, après les supplications aux parents, une furieuse lutte se tramait donc : échanges entre voisins, sur le marché des occasions (à l’époque le grand marché de Treichville et celui du Plateau). Lire partout… Les courriers des magazines de jeunes qui se prêtaient à l’usure et se dévoraient, les lettres de correspondants de pays étrangers qui mettaient une éternité par la poste, quand elles arrivaient... Les poèmes truffés de fautes des jeux d’invisibilité… Avoir l’argent du transport pour aller "visiter" la bibliothèque du « CCF » ou du « CCA » était l’aubaine ultime !

Je me souviens de mes négociations coriaces avec les marchands d’ouvrages d’occasion qui ne savaient pas lire mais de mémoire, vous renseignaient très exactement sur le livre… Echanger, vendre, acheter, prêter… J’avais 13 ans.

Rêver… Devant les rares spectacles d’école, devant de sublimes navets au cinéma du quartier (le Plaza) avant qu’il ne se transforme en salle de diffusion de films pornographiques puis en autre chose…

Inventer… Des histoires pour les sketchs des fêtes de quartier pour faire comme à « Wozo »… Ecrire… Pour expulser la rage, la frustration, puis pour mieux savourer la douceur, la beauté avec les amies... Ou la peine quand sa petite voisine cesse l’échange des livres parce qu’elle n’a pas eu de recours, on vient de la marier…

C’est à Treichville que j’ai découvert Gérard de Nerval, Balzac, Adiaffi, Amadou Koné, Tanella Boni, Ousmane, de LaFayette, Mark Twain, Cook… Que j’ai squatté discrètement les « débats d'idées des grands »…
J’ai composé mon premier poème... Dans la poussière, le bruit, au son du nouchi, de la fête mal sonorisée de la cour commune d'à côté, du break dance et du zouglou. Entre deux parties inespérées de Pac Man. Je n'étais pas la seule.


Aujourd’hui, les « fan fictions » ou les textes de jeunes Youtubeurs, y compris de Côte d'Ivoire, sur tous les sujets sur internet sont les nouveaux jeux d’écriture et d’écoute dans le monde entier… Et à Treichville, une médiathèque plus un centre de documentation (l’inscription y est gratuite) au Palais de la Culture accueillent désormais tous les âges... Un royaume vous disais-je !

Oui, les amoureux de l’art pour l’art, les explorateurs, les passionnés de l’ailleurs et de l’universel, les gens qui ont besoin de rêver, d’écrire, existent partout. Depuis toujours.

« La Différence – Abidjan 2018 ».
Christina Goh

mercredi 26 septembre 2018

Tangible


De cœur à cœur quand je te frôle
De tes lèvres aux miennes, aucun rôle
A jouer. Juste les souffles qui se mêlent
Et l'intime, la profonde émotion, de celles
Qui enracinent à jamais un univers invisible
Vide pour ceux qui veulent ignorer l'indicible.

De corps à corps quand je me donne, me noie
Dans ces perles d'eau, des petits bouts de toi
Ce sont nos larmes qui pleuvent et peignent
Le tableau d'un monde où ceux qui feignent
D'être sont. Mais l'ignorent et souffrent sans
Savoir. La pluie unit dans le fluide aimant.

C'est un mystère. Celui de toi, moi et nous.
L'affection, le rire limpide, scintillant et doux
Illumine en intermittence l'espérance, laisse
La douceur des pénombres, et parfois cesse
L'illusion de la lumière. Je te vois de l'intérieur.
Il n'y a jamais eu de leurre.


Christina Goh